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    Daniel Bastié : « François de Roubaix – quinze ans de musique pour l’écran »
    Daniel Bastié : « François de Roubaix – quinze ans de musique pour l’écran »

    Assez curieusement, le Musée d’Art fantastique de Bruxelles s’intéresse à la carrière de François de Roubaix (1939 – 1975) car, au sein de sa vaste production, le compositeur s’est laissé séduire par un long métrage venu de Belgique. Avec « Les lèvres rouges » (1971), l’artiste s’est subitement confronté à l’univers horrifique cher aux amateurs de Jean Ray et de Thomas Owen. La beauté de la photographie évoquait pour lui une série de peintures dignes de Léon Spillaert, avec une impression constante de dandysme et de décadence. La majorité des plans avaient été tournés dans la ville d’Ostende (la Spa du nord !), non loin de la plage envahie chaque été par une horde de touristes. Le cinéaste Harry Kümel avait choisi de filmer l’entre saisons. Ce n’était déjà plus l’automne et l’hiver commençait à encapuchonner lentement les bâtisses assoupies. Le froid et le vent ralentissaient l’évolution des rares personnages qui s’y aventuraient pour bénéficier de l’eau curative des thermes ou en attendant d’emprunter un ferry pour la Grande-Bretagne. Dans un hôtel luxueux, un jeune couple s’apprête à consommer son voyage de noces, tandis que l’arrivée d’une belle comtesse attise sa curiosité. Lentement, le récit bascule dans l’horreur. Au fil des conversations, on apprend que cette dernière aurait traversé les siècles en se rassasiant de sang humain. La beauté diaphane de la jeune épousée ne la laisse pas indifférente, au grand dam de sa camériste, jalouse et soucieuse elle aussi de conserver son teint de jeune première. Financer un pareil projet devait impérativement passer par le filtre d’une coproduction, chose qui impliquait des concessions sur le choix des comédiens et des techniciens. Si la Belgique s’est essentiellement distinguée en mettant l’écrin de la reine des plages à la disposition de l’équipe et en confiant les seconds rôles à des acteurs du terroir, la France a consenti à prêter Delphine Seyrig pour le rôle principal, face à la Canadienne Danièle Ouimet et à l’Allemande Andrea Rau. Le choix de François de Roubaix faisait également partie des tractations financières. Assez vite, il a imaginé un thème vénéneux, fait de douceur et de mystère et qui pourrait presque être valsé. Moins réputé que plusieurs de ces scores précédents, « Les lèvres rouges » demeure un jalon indispensable pour qui veut appréhender l’œuvre d’un musicien hors normes, qui n’entendait jamais renoncer et qui cherchait des formules capables de répondre en écho avec ce qui se déroulait sur l’écran. Découpée en petits fragments, sa partition a été éditée sous la forme d’un 45 tours deux pistes.

    Auteur de nombreux ouvrages sur le cinéma, Daniel Bastié est parti de vieux vinyles et de CD pour aller à la rencontre de François de Roubaix. Loin de se targuer d’avoir accompli un ouvrage exhaustif, il propose des pistes d’écoute pour se familiariser avec les univers d’un des musiciens les plus créatifs de son époque. Ne pas oublier l’homme et son œuvre, voilà l’objectif avoué de ses pages. « François de Roubaix – 15 ans de musique pour l’écran » est édité chez Grand Angle.

    Infos complémentaires et commandes via info@grandangle.be

    Adresse



    Horaires
    Du 1/04/2016
    au 10/04/2016

    De 00h.00 à 00h.00
    Tarifs
    0.00€
    pour tout le monde
    Transports en commun
    Tram : 81, 92, 94, 97
    Bus : 54
    Gare : Bruxelles Midi
    Album photos